«

»

Alain Verdin (FN) :  » Les Français ont peur « 

Au Front national tout a changé. Ou presque.

Sur le marché de Chauvigny ce samedi, il reste encore du chaland imperméable à la « Lepénisation » des esprits. « Marine? Ah ça jamais », lance un monsieur en repoussant froidement le tract en papier glacé tendu par un petit bonhomme à la mèche rebelle.

Alzain verduin

La relève frontiste est là, emmenée par Arnaud Fage, un ancien socialiste passé du rose Solférino au bleu Marine. Il commande la jeune troupe.

Il y a Simon, lycéen poitevin de 17 ans et Marine, 25 ans, étudiante. « Pas de photo, annonce leur mentor. Ils ne veulent pas être reconnus. »

Pourtant, les deux poulbots avec leur imper bleu pétant siglé Marine sur le dos et leur littérature lepéniste à la main n’ont rien de bonimenteurs. Le discours est rodé. Policé. Poli. La bataille de Verdin est aussi celle de l’organisation du parti.

La tête du Front dans la Vienne pense l’avoir gagnée. « J’ai structuré le département depuis deux ans avec des relais dans chaque canton du territoire. Les élections départementales nous ont permis d’avoir une nouvelle notoriété. »
Alain Verdin peut compter sur ses jeunes ouailles mais aussi sur la vieille garde.

Francis Poyant, son bras droit, est revenu à ses premières amours.

Militant des premières heures de gloire du FN dans les années 80, ce Neuvillois de 69 ans s’était éloigné après le schisme Le Pen – Mégret. Aujourd’hui, il tracte casquette bleue sur la tête. « Si je suis encore là, c’est parce qu’il y a eu un bon changement dans le parti. » Alain Verdin acquiesce. Toutes les générations frontistes sont désormais sur la même longueur d’onde. « Aujourd’hui, les Français ont peur. L’économie, la lutte contre le chômage… Cela ne suffit plus.

Les Français se sont aperçus qu’ils ne sont plus protégés par l’État, par le gouvernement. Les gens nous le disent: ils en ont marre. Ils n’ont plus de retenue à voter pour nous. »

Les terres rurales longtemps hostiles sont devenues fertiles pour le FN.

Alain Verdin compte bien les labourer. Et ratisser large. « J’ai de bonnes relations avec mon homologue des Républicains, Olivier Chartier, que je croise régulièrement pendant cette campagne. On se connaît… N’oubliez pas que j’ai milité au RPR. »

Source : la nouvelle république

Lien Permanent pour cet article : http://www.frontnational86.fr/alain-verdin-fn-les-francais-ont-peur/