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LES PLUMES DE LA VERTU

Les journalistes de la presse poitevine déploient enfin leurs petites ailes pour se parer des plumes de la vertu. Après avoir vu de loin leurs petits camarades lutter pendant tant d’années contre le Front National en d’autres lieux, voici qu’eux aussi ont désormais l’occasion de tenter de terrasser l’affreux dragon, tel de petits Saint-Georges de salon.

Enfin ! Les médias de Poitiers ont leur liste FN et rentrent de fait dans la cour des grands. Il faut dire qu’ils ont des années de retard, le FN ayant été jusqu’à présent absent de l’élection municipale.

Quelle frustration cela a-t-il dû être pour ces champions du Bien de voir leurs confrères parisiens mener ce combat si digne et si beau, quand ils étaient, eux, réduits à l’impuissance de leur plume !

A croire qu’ils l’ont paradoxalement rêvée, cette liste FN, eux qui prétendent fantasmer d’un monde sans Bleu-Marine. Aujourd’hui, ils se lâchent, un peu comme des cabots affamés sur un os à ronger ; nous assistons à un concours digne des plus grandes joutes, et c’est à celui qui exhibera la plus belle pique. Un comportement freudien qui interpellerait plus d’un psychiatre !

La façon dont la presse locale se charge d’Alain Verdin et de la liste Rassemblement Bleu Marine à Poitiers qu’il conduit est à l’image de l’attente fébrile de nos héros à en découdre. Pas un article ne nous épargne, à croire que le cahier des charges édicté par les faiseurs d’opinion impose au moins une bassesse par article.

C’est ainsi que le 9 décembre 2013, la Nouvelle République publie un article particulièrement caricatural au sujet de notre soirée de lancement de campagne. Le journaliste n’interrogera aucun invité présent, hormis Alain Verdin, Eric Audebert et Louis-Armand De Béjarry qui lui accorderont une interview.

Un journaliste qui finira pourtant par conclure dans son article que les sympathisants ont du mal à intégrer le concept de la plateforme électorale RBM.

Il ne jugera toutefois pas utile d’expliquer au lecteur, qu’il abreuve de poncifs éculés, comment il parvient à cette conclusion étonnante, alors qu’il n’a posé aucune question aux personnes présentes ce soir-là. Ce même journaliste, qui se fend d’une petite phrase boueuse destinée à salir la soirée, conformément aux instructions qu’il a apparemment reçues, évoquera sans avoir l’air d’y toucher les « diatribes sulfureuses que le FN traîne encore à ses basques ».

On appréciera le ton tout en finesse. Un journaliste qui, enfin, se permettra de douter des états de service dans la Gendarmerie Nationale de notre jeune candidat de Thuré, Thomas Fayol : « Thomas Fayol, 25 ans, qui se dit ancien gendarme, ambitionne de monter une liste à Thuré « . Trois petits mots (« qui se dit ») apparemment anodins, mais qui suffisent à créer l’interrogation chez le lecteur.

Habité par le doute, notre « grand reporter » oubliera cependant lors de la soirée de s’entretenir avec le jeune candidat afin d’avoir plus de détails. Nous obtiendrons à ce sujet un droit de réponse dans la NR, publié toutefois 7 jours après la parution de l’article (mais pas sur internet – inutile de faire dans l’excès de zèle), la rédaction n’étant visiblement pas très prompte à rétablir la vérité dans les meilleurs délais.

Entre-temps, M. Fayol aura eu à justifier de ses états de service auprès de plusieurs personnes ayant lu l’article.

 

Le 23 janvier 2014, c’est Centre-Presse qui charge un petit Torquemada de la bien-pensance de rédiger un billet suite à une rencontre publique entre Alain Verdin et des sympathisants aux Love & Money Café l’avant-veille. Un billet d’humeur, comme on dit de nos jours. Un billet de mauvaise humeur, dirons-nous.

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Ce cher monsieur, qui lui non plus n’a pas jugé utile de poser la moindre question, a visiblement bien mal digéré ses deux heures avec le Front National, et souhaite faire part aux Poitevins de ses aigreurs d’estomac. Derrière un péremptoire « J’ai entendu que les agresseurs sont souvent des petits arabes », on fait bien dire ce qu’on veut à n’importe qui.

En l’occurrence, c’est Alain Verdin qui devra assumer les propos du public présent ce soir-là. C’est en tout cas ainsi que notre pourfendeur de dragons d’un soir présentera astucieusement les choses. Dans sa lutte du Bien contre le Mal, l’inquisiteur en herbe prendra bien soin d’oublier de souligner qu’Alain Verdin explique que son combat n’est pas contre les étrangers, mais contre le système qui les exploite en permettant de faire travailler à bas coût une main-d’oeuvre exogène tout en faisant peser les salaires des Français à la baisse. Alain Verdin énonce une vérité criante ?

Vite, qu’on le fasse taire !! Au lieu de rapporter objectivement les propos du candidat, le militant, pardon, le journaliste préfèrera l’humilier ouvertement en imaginant une histoire sans queue ni tête, décrétant que son directeur de campagne serait finalement une sorte de commissaire politique chargé de le contrôler !! A en lire le « billet doux » publié dans Centre-Presse, Alain Verdin serait ainsi « serré de près par un directeur de campagne visiblement chargé de le mettre dans la ligne du discours du FN » !! On apprend aussi, éberlués, qu’Alain Verdin a besoin d’un « garde-fou » (sic) afin « d’éviter tout dérapage »

Comment peut-on imaginer plus insultant ? Rappelons qu’Alain Verdin a plusieurs campagnes à son actif, au niveau cantonal, législatif et européen, et qu’il n’a nullement besoin d’un chaperon. Le militantisme au niveau journalistique est déjà désolant et contre toute la déontologie liée à la profession, mais on franchit un cap supplémentaire avec cet article qui tombe sous le coup de l’injure publique, Alain Verdin étant décrit ici de manière calomnieuse comme un incapable et un psychopathe.

L’auteur du billet, visiblement rompu aux techniques de guérilla journalistique, prendra bien soin toutefois d’ajouter l’adverbe « visiblement », qui l’exonère de justesse de toute poursuite en diffamation.

A la lecture de ces lignes visiblement rédigées sous acide, le directeur de campagne se félicita de cette promotion-éclair dont il ignorait jusqu’à l’existence. Il aurait aimé, le 28 janvier, remercier la Présidente du Front National de sa nomination comme commissaire politique local.

Il préféra finalement la saluer rapidement sans l’accaparer, et fait savoir qu’il préfère rire du billet en question, se demandant en fin de compte si nous avons vraiment affaire ici à un inquisiteur de la pensée unique ou plutôt à une sorte de Nicolas Bedos local (en moins drôle, ce qui relève de l’exploit) visiblement affublé par hasard et par erreur d’une carte de presse.

La Grande Croisade du Bien contre le Mal exige en outre qu’on mette sous les projecteurs quiconque aura l’audace de faire affaire avec le Front National.

C’est ainsi que, le 22 janvier 2014, paraît un article dans la Nouvelle République au sujet du restaurateur qui s’apprête à louer son établissement pour la venue de Marine Le Pen à Poitiers. Dans un entrefilet titré avec bienveillance « Le propriétaire du restaurant fait preuve de tolérance », la presse appelle le restaurateur au téléphone et veut savoir quel est son positionnement politique face aux thèses du Front National.

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Le malheureux entrepreneur, qui souhaitait (il nous l’avait fait savoir clairement) que son nom ainsi que le nom de son restaurant soient gardés sous silence, a vu ses coordonnées ainsi que son état civil publiés sans aucune vergogne.

Le rédacteur-en-chef adjoint de la NR nous expliqua au téléphone que le restaurateur devait savoir que ses propos étaient susceptibles d’être diffusés et qu’il était légitime qu’une publication ait lieu. On est alors en droit de se demander de quelle façon a été effectuée cette interview, puisque le propriétaire des lieux souhaitait explicitement que son nom ne soit cité sous aucun prétexte.

Quand nous avons enfin demandé si la presse contactait aussi les établissements recevant l’UMP ou le PS pour connaître le positionnement politique des propriétaires vis-à-vis de ces partis, le rédacteur-en-chef adjoint préféra botter en touche et nous dit qu’il ne répondrait pas à cette question. Bien évidemment, et nous lui avons souligné, cette absence de réponse est en soi une réponse.

Quel aveu ! Outre le fait que la rédaction de la NR n’assume pas ses propres méthodes, on est en droit de se demander quel est le but de ce type d’article. Car enfin, malgré toute l’estime que nous portons au restaurateur avec qui nous avons fait affaire, qui s’intéresse véritablement à son positionnement politique ? Est-ce là le niveau auquel se situe la presse ?

Visiblement, on assiste ici à une forme d’intimidation destinée aux éventuels établissements susceptibles de nous accueillir. Qu’ils comprennent bien que s’ils nous vendent un service, leur nom sera visiblement publié dans la presse et le Doigt Inquisiteur bien pointé sur eux.

Ces procédés, visiblement staliniens, n’honorent pas le métier de journaliste, dont l’article en question s’éloigne de la déontologie pour flirter avec le militantisme le plus radical. Dans la même édition, un autre article donna même tous les détails de la contre-manifestation, horaire compris. On regretta que l’article n’indiquât pas la ligne de bus à emprunter.

Un journaliste va-t-il surgir à chacun des pas d’Alain Verdin ? Son boucher, son médecin, sa concierge, son coiffeur, le pompiste chez qui il fait le plein, son facteur, l’employé qui balaye les feuilles mortes dans sa rue, ces personnes doivent-t-elles s’attendre à devoir développer dans la presse leur positionnement vis-à-vis du Front National ? Avouons que ça nous intéresse passionnément… Le public veut savoir ! Il a le droit d’être informé, que diable !

Enfin, la lutte vertueuse du Bien contre le Mal vaut bien quelques entorses supplémentaires aux usages. Dans son article en date du 29 janvier 2014 faisant suite à la venue de Marine Le Pen à Poitiers, le journaliste de la Nouvelle République chargé de couvrir l’événement offre carrément la conclusion de son article au candidat socialiste Alain Claeys.

Il faut bien reconnaître que les questions que le journaliste a posées pendant la conférence de presse n’avaient aucun sens. Notre Présidente ne cacha d’ailleurs pas sa surprise quand elle se vit questionnée sur son positionnement face à la Chrétienté en Poitou-Charentes (quel sujet brûlant, convenons-en) ou encore face à la date de 732 (le journaliste avait semble-t-il révisé en écolier modèle son manuel d’Histoire de France avant de venir).

Ayant bien pris soin de ne pas révéler au lecteur la réaction étonnée de Marine Le Pen face à ses questions saugrenues, le journaliste synthétisa grossièrement ses réponses, donnant l’impression que la Bataille de Poitiers et la Chrétienté avaient été les fils conducteurs de l’intervention de Mme Le Pen. On n’est plus à une malhonnêteté près !

Le long exposé de notre Présidente au sujet des collectivités territoriales, de la parité, de l’Europe, de l’insécurité ou encore de la fiscalité était visiblement de trop haute volée pour les journalistes, qui ne semblaient avoir qu’une seule obsession : « Les listes sont-elles complètes ? « …

Bien évidemment, on ne manqua pas de charger Alain Verdin, dont les remarques allèrent jusque dans la caricature de sa posture quand la Présidente arriva : « Alain Verdin est au garde-à-vous sur le perron de l’hôtel de France pour accueillir Marine Le Pen » ! Quelle était la bonne attitude à avoir ? Nous lirons sans doute bientôt un billet nous expliquant les règles de la bienséance à la sauce journalistique.

Le rapporteur de la NR, visiblement conscient de ses limites, préféra donc laisser sa plume (soyons généreux) au candidat socialiste Alain Claeys pour rédiger la conclusion de son article.

Excusez du peu ! Au delà du caractère tout à fait incroyable de la chose, il nous faut saluer ici la lucidité de la presse, qui en laissant à l’actuel locataire de l’Hôtel de Ville le soin de se substituer au journaliste pour conclure l’article, démontre s’il en était encore besoin la collusion qui existe entre la presse soi-disant impartiale et le pouvoir municipal.

Que les choses soient claires : nous n’avons absolument aucune objection à ce que la presse fasse un article annexe sur les positions d’Alain Claeys vis-à-vis de Marine Le Pen ou d’Alain Verdin. C’est son droit le plus strict, et nous défendrons toujours ce droit quand il est exercé avec justesse et justice, même si nous savons que sa position sera hostile à notre égard.

Toutefois, offrir une tribune libre au candidat socialiste en guise de conclusion d’un article intégralement consacré au Front National est un procédé tout à fait déloyal, tendancieux et malhonnête. Les journalistes nous répondront peut-être qu’il s’agit là d’un exercice démocratique. Si c’est le cas, alors pourquoi Alain Claeys et pas les autres candidats ?

Madame Daigre avait peut-être aussi quelque chose à dire. Monsieur Duboc également, ainsi que Christiane Fraysse et Ludovic Gaillard. S’il s’agit d’un exercice démocratique, Alain Verdin aura-t-il l’occasion de conclure l’article couvrant le prochain meeting de M. Claeys ? Nous serions curieux de poser la question à la rédaction-en-chef de la Nouvelle République/Centre-Presse.

Si l’on nous répond « oui », alors nous ferons amende honorable et reconnaîtrons que nous avons tort d’être très en colère. Si l’on nous répond « non », alors nous aurons la confirmation indiscutable que la presse a bien choisi d’être notre adversaire politique dans cette campagne, comme cet exposé se propose de le démontrer. Si enfin la rédaction-en-chef ne souhaite pas répondre à cette question, alors nous saurons décrypter sa réponse. La récente expérience que nous avons eue avec elle à ce sujet nous a appris à le faire.

Nous nous doutions, en nous engageant dans cette campagne, que le Front National et le Rassemblement Bleu Marine auraient, outre ses adversaires politiques que nous respectons malgré nos convictions divergentes, la presse comme concurrent supplémentaire.

Les premiers contacts avec les journalistes s’étaient toutefois déroulés de façon honnête et cordiale, et nous nous en félicitions. L’attitude ouvertement militante de la presse depuis ces dernières semaines nous oblige désormais à avoir une attitude distante vis-à-vis de celle-ci. 

Nous rappelons que nous sommes un parti politique légal, autorisé, et nous nous plions aux règles républicaines que nous respectons. Nous nous présentons de façon démocratique devant les électeurs, et jamais nous n’avons tenté de contester le résultat des urnes.

Les élections et l’acceptation de leurs résultats font partie de nos principes fondamentaux, et nous ne permettons à personne de remettre ce point en doute.

A ce titre, nous faisons partie du paysage démocratique comme n’importe quel autre parti, et condamnons fermement le traitement spécial qui nous est réservé. Au nom d’une soi-disant lutte contre l’intolérance, l’attitude de la presse est particulièrement détestable et n’a rien à envier à l’idéologie qu’on nous prête de manière erronée.

Si la presse décide d’être notre sixième adversaire à Poitiers, grand bien lui fasse. Il n’est pas dans notre nature de baisser les bras face aux défis, même quand ces défis sont déloyaux.

C’est aussi ce qui fait notre force. Mais la première de nos forces, c’est la conviction que nous avons que nos solutions sont les seules qui restent à notre pays, alors que celles de nos adversaires ont démontré leurs limites. C’est avec cette conviction et cette force que nous irons convaincre les électeurs, que la presse le veuille ou non. La presse n’a de « quatrième pouvoir » que le nom.

Les récents articles ont démontré, s’il était encore besoin, l’allégeance des médias à un système à bout de souffle qui n’a plus que l’insulte et la calomnie pour stopper l’énergie qui nous anime. Ce pouvoir fantoche ne nous intéresse pas, et contrairement à nos adversaires, nous saurons nous passer de lui. Le seul pouvoir qui nous intéresse, c’est celui que nous voulons redonner aux Français : celui de choisir librement et souverainement la destinée de la Cité, et celle de la Nation.

 

Vive la France !

L’équipe de campagne.

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