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Perçée du Front National à Poitiers, Chatellerault, Thuré

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Percée du Front national à Chatellerault

Le maire centriste de Châtellerault vire en tête au soir du premier tour et se présente en favori dimanche prochain dans un scrutin marqué par la percée du Front national.

La triangulaire annoncée aurait bel et bien lieu à Châtellerault. Au soir du premier tour, le maire sortant Jean-Pierre Abelin (UDI) vire en tête avec sept points d’avance (848 voix d’avance) sur son challenger socialiste Michel Guérin.

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Le Front national réalise surtout un score historique en ville avec près de 18% des suffrages, ce qui le qualifie pour dimanche prochain.

A Châtellerault, ces municipales 2014 marquent d’abord la victoire de l’abstention, de près de 45% alors qu’elle était à moins de 40% en 2008. Une situation que chaque camp avait su prédire ces dernières semaines sans toutefois savoir l’éviter!

Avec 42,17%, Jean-Pierre Abelin sort du premier tour avec une avance qu’il s’interdit de qualifier de confortable, loin toutefois devant son résultat de 2008 (31,7%) où une deuxième liste de droite, celle de l’UMP Philippe Rabit était en lice.

Le maire centriste n’est d’ailleurs que deux points derrière son score du deuxième tour d’il y a six ans où il l’avait emporté déjà dans une triangulaire avec 44% des voix. La prime au sortant, le discours sur le bilan, tout comme la stratégie d’une liste apolitique, ont visiblement bien fonctionné.

Qu’est-ce qui pourrait bien empêcher Abelin de transformer l’essai dimanche prochain?

 

La gauche peut-être? Michel Guérin avait du mal en tout cas à cacher sa déception et sa crispation hier soir alors que se dessinait un bien mauvais scénario. Pourtant unie, rêvant de passer en tête au 1er tour pour lancer une (vraie) dynamique, la liste Guérin réalise 35%, un résultat bien mitigé si l’on se réfère au premier tour de 2008 où Joël Tondusson (PS) et Gille Michaud (PRG) étaient à eux deux à plus de 53%.

La gauche paie, ici comme ailleurs, le contexte national et les déboires du gouvernement. Mais pas que… Michel Guérin l’annonçait hier: il lance un appel général à la mobilisation en espérant un report des voix de Lutte ouvrière (4,83%). Mais cela risque de ne pas être suffisant.

On pourra toujours tenter d’analyser la montée du Front national à Châtellerault, particulièrement ses bons scores dans les quartiers les plus populaires. Mais le constat est là: des élus frontistes pourraient bien siéger au conseil municipal.

Succès de Thomas Fayol à Thuré

La commune voisine de Châtellerault a voté à près de 20% pour le candidat du Front National. Un résultat que l’intéressé explique par son ancrage local.

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A Thuré, bien malin qui pourrait expliquer la percée du Front National.
Dimanche soir, le candidat frontiste Thomas Fayol a effectué un score de 19,5%. Le résultat a été très remarqué d’autant que le FN se présentait pour la première fois dans cette commune de 3.000 habitants, située à la périphérie immédiate de Châtellerault.

Sur le papier, Thuré n’a pas forcément toutes les caractéristiques d’une commune tentée par le vote extrême.

« Non, il n’y a pas de gros problème d’insécurité à Thuré, assure le maire sortant (PS) Jean-Claude Deyna, qui ne se représente pas. Non, Thuré n’a pas non plus de problème de pauvreté. La commune a le niveau de vie le plus élevé de toutes les communes de l’agglomération! »
Thomas Fayol, lui-même, évacue la seule théorie du terreau favorable: « Je suis ancré dans la commune, les gens me connaissent, soulignait-il hier.

Ce vote, ce n’est pas seulement une question de Front national mais c’est aussi un vote sur ce que j’avais à proposer. On a fait du local. Il y a de la jeunesse chez nous. »

Il y a quelques semaines, le FN expliquait sa présence à Thuré par la seule opportunité d’y avoir trouvé un candidat, la commune n’étant pas une cible recensée par l’état-major parisien.
Alors vote d’opportunité ? C’est ce que croit, Dominique Chaine, arrivé en tête, dimanche, avec 45,5% des voix. « Il y a eu une période où il y a eu des cambriolages ici mais rien qui ne justifie de voter Front National.

Non, je crois qu’il y a un ras-le-bol général et les gens se disent: pourquoi pas voter FN? La seule réponse, c’est de leur proposer quelque chose de mieux. »
Thomas Fayol se maintiendra en tout cas au second tour. Car l’opportunité désormais, c’est d’avoir des élus.

 » Tout s’est joué au 1 er tour  »

Pour le politologue Dominique Breillat, Claeys ne fait pas un si mauvais score à Poitiers et Loudun cherche encore un successeur à Monory.

 

Le politologue poitevin, Dominique Breillat tire les leçons du premier tour des élections municipales dans la Vienne.

Comment analysez-vous la poussée du Front National dans la Vienne?

« Plus qu’une poussée, c’est un ancrage. On avait déjà vu les bons résultats du FN à l’élection présidentielle, notamment aux Trois-Moutiers.

La nouveauté cette fois, c’est l’installation du FN au plan local. Poitiers qui n’était pas considéré comme une ville votant FN avec un Jean-Marie Le Pen ne dépassant pas les 10% en 2002, franchit cette fois la barre des 10%, sans doute sous l’influence de la crise économique.

Parallèlement, à Châtellerault où il existe un terreau plus favorable, je serai presque tenté de dire que le Front National aurait pu faire un bien meilleur score (17% NDLR.). Quant à Thuré, on a là l’exemple type d’un électorat qui souffre, rurbain… Il va falloir s’habituer à retrouver le FN aux élections locales, même si, on n’a pas encore assez de recul concernant la stabilité de cet électorat.

Le second tour devrait nous éclairer là-dessus. Vont-ils confirmer le vote FN? En attirer d’autres? Se tourner finalement vers un « vote utile »? »

Source : centre presse, la nouvelle république

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