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Présidentielle : une heure avec les militants des deux camps

 

Nous avons suivi deux groupes de militants du FN et d’En marche ! sur le terrain, à Poitiers et sur le marché de Gençay. Ambiance.

La règle du jeu était simple : nous suivions des militants en campagne. Libre à chaque mouvement de choisir qui figurerait dans le groupe et où aurait lieu le rendez-vous. Aussi bien le Front national qu’En marche ! ont accepté sans difficulté.

Pour le parti de Marine Le Pen, Alain Verdin, son leader départemental, a tenu absolument à être présent, aux côtés d’Arnaud Fage, jeune candidat aux législatives, et de trois militants anonymes et plutôt âgés. Le thème choisi : le porte à porte ; le lieu : deux immeubles plutôt coquets dans le quartier des Couronneries.


Côté Macronistes, on n’a pas choisi la facilité : le marché de Gençay. Une petite ville qui, avec sa jumelle Saint-Maurice, a pas mal voté Mélenchon quand la plupart des communes rurales environnantes penchaient en faveur de Le Pen.


Les militants d’En marche ! – quelques retraités et la toute jeune Anaïs Auger, référent des Jeunes avec Macron – s’attendent à une matinée difficile. Ils ne vont pas être déçus. Une grande majorité de passants refusent sèchement le programme qu’on leur tend : « O lé une bande de volailles, o lé une bande de bandits ! » grommelle ce campagnard avant de tourner le dos.

Le moins désagréable lâche un « Ben, on n’a pas le choix ! » peu enthousiaste quand on lui demande s’il va voter Macron. Voici enfin une dame enjouée, qui se déclare « à fond pour Macron ». Pas de chance, elle est Anglaise et n’a pas le droit de vote pour la présidentielle.

Côté Marine Le Pen, l’ambiance est plus apaisée. Alain Verdin apparemment a bien choisi son immeuble. Beaucoup de portes, certes, restent fermées mais à cette heure, c’est sans doute que les occupants sont au travail.Il y a bien un monsieur qui claque sa porte sur un « Ça ne m’intéresse pas ! », une dame qui s’insurge : « Mais qui vous a ouvert la porte de l’immeuble ? » Mais ailleurs, on prend la documentation, parfois avec un sourire. Au quatrième étage, une jeune mère de famille avoue pencher pour Macron, mais elle hésite : « Nous, on est le petit peuple… » Alain Verdin se rue dans la brèche : « Nous, on s’intéresse à vous. » 


Retour à Gençay. Sylvie Bruno décide de partir seule au contact des Gencéens : « Ils n’aiment pas qu’on soit en groupe. » Le résultat reste mitigé : « La politique, y’en a plein le cul ! » grogne l’un. Un autre, plus poli, s’arrête quelques secondes : « Vous allez bien voter au second tour ? » tente Sylvie. « Ah non, et c’est bien la première fois. » Un troisième passant crache sa rage : « Oui, je vais voter, mais certainement pas pour Macron. C’est un gars qui a jamais travaillé, il sait pas ce que c’est un ouvrier. » 
A Poitiers, la petite troupe du FN termine sa tournée en remplissant les boîtes aux lettres.

Si elle n’a pas soulevé d’enthousiasme particulier, elle n’a pas essuyé la moindre remarque désagréable. Même avec les jeunes agents d’entretien, qui semblent appartenir à ce qu’on appelle « la France plurielle » ou les « minorités visibles », le contact a été froid mais poli. Alain Verdin semble plutôt satisfait. Lui et ses amis ont peut-être gagné un ou deux électeurs.

C’est plus efficace, estime le dirigeant du FN, que des réunions devant des convaincus : « Il faut arrêter avec la réunionnite aiguë. » 
Sur le marché de Gençay, au fil des minutes, les militants ont fini par identifier des chalands a priori plus favorables à leur champion. Parmi eux, Jean Crespin.

Ce socialiste historique, ancien maire de Gençay, est le mandataire financier du député sortant Jean-Michel Clément, dont la proximité avec En marche ! n’est plus un secret.

Entre Anaïs Auger et Jean Crespin, qu’un demi-siècle sépare, la conversation est chaleureuse et se termine autour d’un café réconfortant. C’est toujours ça.

Source : La Nouvelle République – Centre Presse

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